La dépression

Les mots de la chanson du talentueux chanteur Stromaé, ou encore celle d’Orelsan font profondément écho en moi. Beaucoup d’autres chansons abordent ce thème. Mais qu’en est-il de cette maladie? Car, oui, c’est une maladie.

The official music video for Stromae – L’enfer © Mosaert Label 2022 (lien Youtube)

Le trouble dépressif caractérisé touche tous les âges de la vie. Il concerne environ 15 à 20 % de la population générale, sur la vie entière. La dépression (ou trouble dépressif) se distingue nettement de la simple morosité. La dépression appelée dans le langage courant « dépression nerveuse » ne désigne en effet pas un simple coup de déprime ou une tristesse passagère mais une véritable maladie psychique.

Le terme « dépression », encore tabou il n’y a pas si longtemps, est souvent employé à tort dans le langage courant pour décrire les inévitables périodes de tristesse, d’ennui et de mélancolie que tous sont appelés à vivre à un moment ou à un autre sans qu’il s’agisse pour autant d’une maladie. Par exemple, être triste après la perte d’un proche ou avoir un sentiment d’échec en cas de problèmes au travail est normal. Mais lorsque ces états d’âme reviennent chaque jour sans raison particulière ou persistent longtemps même avec une cause identifiable, il peut s’agir d’une dépression. La dépression est en fait une maladie chronique, répondant à des critères diagnostiques bien précis.

 Les symptômes

Les symptômes peuvent être les suivants :

  • Une humeur dépressive, le plus souvent caractérisée par une tristesse quasi-permanente et intense, une anxiété marquée et parfois une indifférence affective. Cette humeur dépressive est associée à une douleur morale profonde, une perte de l’estime de soi et un pessimisme majeur, parfois associé à des idées de culpabilité inappropriées. On a l’impression de ne pas avoir de valeur en tant qu’individu.
  • Une perte de l’élan vital, c’est-à-dire une perte d’intérêt et du plaisir à l’égard des activités quotidiennes, même celles qui étaient habituellement plaisantes.
  • Le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, des idées de mort ou de suicide récurrentes, parfois des projets suicidaires, signant un risque suicidaire majeur.
  • Un sentiment d’angoisse quasi-permanent, notamment au réveil, qui peut favoriser le passage à l’acte.
  • Un ralentissement psychomoteur, observable par une modification de la marche, de la voix, des gestes, de l’initiative.
  • Une fatigue, souvent plus marquée le matin.
  • Une perte d’appétit, souvent associée à une perte de poids.
  • Des troubles du sommeil, avec souvent une insomnie en deuxième partie de nuit et un réveil matinal précoce.
  • Des troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire chez la plupart des malades.

Le diagnostic est posé lorsqu’une personne présente une humeur dépressive ou une perte de l’élan vital, associée à au moins quatre autres des symptômes décrits ci-dessus, tous les jours depuis au moins deux semaines, et ce, en présence d’un retentissement des symptômes et d’une souffrance associée. L’intensité de l’épisode est le plus souvent associée au nombre de symptômes présents.

Une des difficultés dans le diagnostic de la dépression tient à la diversité de ses formes cliniques : la nature des symptômes prédominants varie d’un patient à l’autre.

Dans le milieu médical, le terme dépression majeure est souvent employé pour désigner cette maladie. La dépression survient généralement sous forme de périodes dépressives qui peuvent durer des semaines, des mois voire des années. Selon l’intensité des symptômes, la dépression sera qualifiée de légère, modérée ou majeur (grave).

La dépression affecte l’humeur, les pensées et le comportement, mais aussi le corps. La dépression peut s’exprimer dans le corps par un mal de dos, des maux de ventre, de tête. Cela explique aussi qu’une personne qui souffre de dépression puisse se révéler plus vulnérable aux rhumes et aux autres infections, son système immunitaire étant affaibli.

Sur le long terme

Il existe plusieurs complications possibles liées à la dépression :

  • la récidive de dépression : elle est fréquente puisqu’elle concerne 50 % des personnes ayant vécu une dépression. La prise en charge diminue considérablement ce risque de récidive.
  • La persistance de symptômes résiduels : il s’agit de cas où la dépression ne se guérit pas entièrement et où même après l’épisode dépressif, persistent des signes de dépression.
  • Le passage à la dépression chronique ;
  • le risque suicidaire.

Les traitements possibles

OrelSan – Jour meilleur (lien Youtube)

Une dépression légère à modérée peut généralement être traitée efficacement par la psychothérapie. Dans le cas d’une dépression majeure, le traitement recommandé est une psychothérapie associée à la prise d’un médicament antidépresseur.

Plusieurs études récentes ont montré que les médicaments antidépresseurs sont surtout efficaces en cas de dépression majeure. En pratique, toutefois, des antidépresseurs sont souvent prescrits pour des dépressions modérées.

Entreprendre une psychothérapie aide souvent à comprendre le sens de sa dépression ou, du moins, ce qui l’a déclenchée. Une telle thérapie permet aussi de trouver les moyens pour se sentir mieux au quotidien. On y apprend à mieux réagir aux épreuves et aux réussites qui jalonnent l’existence. Il est alors possible d’adopter des comportements qui protègent d’une rechute.

On réserve le terme antidépresseur à un groupe de médicaments psychotropes dont l’action vise la disparition des symptômes dépressifs. Les antidépresseurs sont divisés par classe, selon le type d’action qu’ils opèrent sur le cerveau (bloquer ou stimuler telle ou telle fonction). Chaque classe d’antidépresseurs comporte ses avantages et ses inconvénients.

Des séances de psychothérapie en groupe s’organisent dans les hôpitaux, les cliniques et même en bureau privé dans le cadre de thérapie brève (12 à 15 semaines). Pour les personnes dépressives, il s’agit là d’un moyen de briser l’isolement ou de maintenir un précieux lien social.

Il existe aussi des groupes destinés aux proches des personnes vivant une dépression.

Voici quelques associations :

France Dépression

Elle a été créée en 1992. C’est une association loi 1901 sans but lucratif et reconnue d’intérêt général. France Dépression a pour mission de prévenir, d’informer, de soutenir les personnes souffrant de dépression ou de troubles bipolaires, de lutter contre la stigmatisation et de promouvoir leur dignité et le respect de leurs droits au niveau local, national et européen. Elle possède plusieurs antennes régionales en France.

Ecoute patients : 07 84 96 88 28 

Lundi – mardi – mercredi – jeudi – vendredi de 9 H – 12H/ 14 H à 20 H

Samedi 14 H à 20 H – Dimanche 16 H à 20 H

S.O.S Amitié

S.O.S Amitié France est un service d’aide par l’écoute. Ses écoutants bénévoles accueillent la parole de toute personne qui traverse une période difficile et qui ressent le besoin d’être entendue et écoutée dans sa souffrance. L’écoute S.O.S Amitié est gratuite, inconditionnelle et sans jugement ni conseil. Elle se compose de 44 associations régionales regroupant 55 postes d’écoute et près de 1700 écoutants bénévoles, au téléphone, à la messagerie et au chat. 

S.O.S Amitié propose une écoute généraliste, anonyme et confidentielle, centrée sur la personne. Cette écoute est assurée par des écoutants bénévoles, formés aux spécificités de cette écoute : au téléphone 24h sur 24, 7 jours sur 7 ; au chat chaque jour de 13h à 3h du matin ; par messagerie (réponse sous 48 h).

Trouvez l’association S.O.S. Amitié près de chez vous et ses coordonnées en cliquant ici.

Quelques paroles de la chanson L’enfer de Stromaé :

« Sinon ça r’part vite dans la tête
Et c’est trop tard pour qu’ça s’arrête
C’est là qu’j’aimerais tout oublier
Du coup

J’ai parfois eu des pensées suicidaires
Et j’en suis peu fier
On croit parfois que c’est la seule manière de les faire taire
Ces pensées qui me font vivre un enfer… »

Quelques paroles de Jour meilleur d’Orelsan :

« Quand tout à un arrière goût d’déjà vu
Les nuits sont mortes tout le monde t’a abandonné, même la lune
Mais la fin du désert se cache peut-être derrière chaque dune

Tout va s’arranger, c’est faux, je sais qu’tu sais
Des fois j’saurai plus trop quoi dire, mais j’pourrai toujours écouter
Tout va pas changer, enfin, sauf si tu l’fais
Quand t’as l’désert à traverser, il y a rien à faire, sauf d’avancer
Rien à faire sauf, d’avancer

On en rira quand on l’verra sous un jour meilleur… »

Audrey Eden

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